• Marlène

Mon chômage et moi - Chapitre 1

Cet article a été pour moi assez difficile à écrire, je pense que je n'arrivais pas à retranscrire exactement mes pensées, j'ai fini par tout écrire au kilomètre, je vous laisse découvrir...


Mon chômage confinée


Partout, on voit fleurir des articles sur "Comment ne pas déprimer au chômage?" "10 astuces pour bien vivre son chômage" et j'en passe et des meilleures...

Pour vous, voici un petit résumé des choses à faire : organiser votre journée, mettez vous au sport, sortez, reposez vous sur votre famille et faites tout ce que vous avez toujours rêvez de faire sans en avoir le temps ! En soi, ce sont évidemment des bons conseils mais pour moi la plupart sont impossible à mettre en place car tout simplement je suis CONFINEE !


Pour écrire cet article, j'ai fait des recherches sur le sujet, d'un point de vue santé, sociologique, juridique et légal. Je voulais comprendre si les mécanismes que j'ai, involontairement, mis en place dans ma vie quotidienne étaient généralisés ou pas. Il s'avère que oui! Par exemple, j'ai sauté à pieds joints dans, ce qu'on appelle communément : le syndrome du pyjama. J'ai aussi eu assez rapidement à vrai dire le sentiment de ne rien valoir, d'être fainéante; je m'attendais à ressentir ce genre d'émotions mais certainement pas aussi rapidement. Aussi, maintenant, comme beaucoup je pense, je redoute la terrible question : " Alors tu en es où? Tu as trouvé du travail?" mais, en vérité, ce que je redoute le plus je pense désormais c'est d'avoir un entretien.


Cela fait bientôt trois mois que je ne travaille plus, que j'accumule les refus ou les non réponses (je n'ai pas encore décidé ce qui était le pire), que j'espère, que je pense chômage, je mange linkedin, je dors indeed, je découvre toujours plus de "jobboards" ( sites internet spécialisés dans le recrutement) : Talent.com, Sudouestjob, Isarta, Neuvoo ...


Je sais que je devrais profiter pleinement de ce temps libre, ce que je fais j'ai créé ce blog, je me forme, j'apprends des langues (prochain article d'ailleurs), mais ce sentiment d'inutilité de ne rien faire persiste. En réalité, il est erroné, je sais que je ne fais pas rien mais il est induit car je ne suis pas utile pour une entreprise tout simplement. Pourquoi alors, dans cette société, nous avons tous été élevé avec le sentiment que si on ne travaille pas on est moins que rien ? Je ne saurais pas répondre, il doit exister des milliers de réponses psychologiques et sociologiques à cette question, moi je me contente de la vivre.


Paradoxalement, si j'ai conscience que je fait partie de ceux qui sont privilégiés dans le chômage, si tant est que l'on puisse dire cela, je bénéficie d'une allocation, je suis jeune, formée, avec de l'expérience alors qu'est-ce qui cloche chez moi? Qu'est ce qui fait que je ne trouve pas de travail? Je ne cesse de me dire que la raison doit venir de moi vu que d'un point de vue objectif sur la situation il semblerait que d'un point de vue professionnel tout aille bien alors quoi ? J'avoue j'ai bien envie de tout mettre sur le dos du grand méchant confinement, ca m'arrange vous voyez.


Le chômage et la santé


Si cette partie semble assez déprimante, c'est parce qu'en fait elle l'est un peu.

En essayant de comprendre ce qui m'arrivait en demandant à Google (bad bad idea), j'ai découvert des articles et des études fascinants sur le chômage, fascinantes mais pas forcément positives.


  • Le syndrome du pyjama

En décrivant mes symptômes à Google, je suis tombée sur une interview du médecin Michel Debout, auteur du livre "Le traumatisme du chômage", il décrit parfaitement une situation qui en soi n'a rien de grave mais qui à la longue nous plonge dans une lassitude voire une dépression assez conséquente, situation à laquelle le fait d'être confinée n'a rien arrangé. Cette situation, décrite comme le syndrome de la robe de chambre, est le résultat d'une cassure totale entre un quotidien hyper prenant enchainant travail, famille, amis, activités etc. et une situation nouvelle de chômage. Il devient difficile de se lever le matin, après tout pourquoi le faire, personne ne nous attend pour une réunion à 9h. S'habiller est également oublié. Impliquant, de fait, qu'on s'habille pour sortir ou pour les autres, et non pour nous. Il est nettement plus confortable de rester en jogging ( legging dans mon cas). SI on ajoute à cela que j'ai une réelle tendance à la procrastination, le quotidien devient vite compliqué. Tous les jours c'est un combat pour se motiver, se lever à une heure décente, se former, pâtisser, en somme faire n'importe quoi qui me permette un temps de me dire que je ne suis pas inutile ou fainéante.


  • Dépression et suicide

En continuant mes recherches sur la question de la santé au chômage, j'avoue avoir trouvé des études assez édifiantes, qui m'ont fait peur et qui pour le coup m'ont donné un petit coup de boost pour me bouger.

Je me suis essentiellement intéressée au 4ème rapport de l'Observatoire national du suicide paru en Juin 2020, qui rappelle que "le suicide est par nature multifactoriel et ne trouve pas son explication dans une cause unique". Je ne vais pas me lancer dans une analyse précise, je ne pense pas avoir les connaissances nécessaires à ce jour mais je voulais juste partager quelques informations sur ce sujet qui m'interpelle énormément.

L'Observatoire remarque que "le vécu subjectif du chômage peut également détériorer la santé mentale et conduire au suicide, mais les mécanismes psychiques précis restent à explorer", ce qui vient corroborer l'avis du médecin Michel Debout qui souhaiterait rendre obligatoire un suivi psychologique pour toutes les personnes étant en situation de chômage.


Enfin, le rapport indique que, sur l'échantillon interrogé, près de 30% des personnes en situation de chômage ont indiqué songer mettre fin à leurs jours et 19% des actifs en postes. Je trouve ces chiffres particulièrement édifiants et je pense qu'il est vraiment temps de s'intéresser un peu plus au bien-être physique et mental des gens.


Et aussi, peut-être faudrait-il revoir la base du management non ?


Mon bilan personnel


Désormais, il est temps de revenir sur ces trois derniers mois et sur toutes les choses que j'ai réalisé en parallèle de ma recherche d'emploi :


Mes petites victoires :

  • Je me suis remis à l'apprentissage et perfectionnement de l'anglais et de l'espagnol (Prochain article ! Be here!)

  • j'apprends le tricot

  • j'ai fini un de mes deux puzzles

  • j'ai enfin créé ce blog dont je rêve depuis un moment

  • je prends le temps de cuisiner et de pâtisser (je ne vais pas faire le meilleur pâtissier de suite de suite, mais c'est pas mal)

  • je suis des cours et des formations sur Openclassrooms

Ce que je voudrais faire plus mais je procrastine trop

  • Faire du sport et notamment reprendre la course

  • Apprendre à jouer de la guitare


Finalement, c'est un bilan plutôt positif donc haut les cœurs ! Et comme le dirait Karadoc :

"La joie de vivre et le jambon, y'a pas trente-six recettes du bonheur !"

En tout cas, quelque soit le résultat de ma recherche d'emploi dans les semaines à venir, j'ai dans l'idée d'écrire un chapitre deux à cet article pour discuter de l'image du chômage dans la société, souvent perçu comme un symbole d'échec.


Si vous souhaitez échanger avec moi, par mail ou par les réseaux sociaux pour discuter de votre propre expérience n'hésitez pas, ca me ferait extrêmement plaisir !


Belle journée à tout le monde


A lire aussi :

Le chômage peut modifier la personnalité

Le chômage un risque pour la santé

Art Le Monde - Juin 2020 - Lien entre chômage et suicide

Rapport de l'Observatoire national du suicide - Juin 2020

Les conseils de Michel Debout pour éviter le syndrome du Pyjama

Quels sont les meilleurs jobboards ?




© pexels - miftah rafli hidayat
© pexels - miftah rafli hidayat

79 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout